Coworking & Digital Nomad – Hub Rocket

Non classé

L’espace de coworking une entreprise comme les autres ?

Posted on .

L’espace de coworking une entreprise comme les autres ?

Introduction

Le coworking a vu le jour parce que notre façon de travailler change. De plus en plus de jeunes diplômés choisissent l’indépendance et on ne compte plus les employés qui se lancent eux aussi en quittant leur job. Plus de liberté mais aussi de nouvelles contraintes. C’est de ces contraintes que les espaces de coworking sont nés, et notamment de la contrainte de location. Mais au-delà de cet état de fait, le coworking porte aussi une idée, un concept voir un modèle vers une ré-évolution du travail.

Donc, si ces espaces sont nés de cette évolution du travail ne faudrait-il pas aussi trouver une évolution au modèle d’entreprise « classique » actuel qui fait fuir les employés et les jeunes entrepreneurs ?

Les jeunes diplômés ne veulent pas les contraintes de travail des grosses entreprises. Les entreprises ne peuvent plus employer de jeunes diplômés parce que cela coûte trop cher. Et les porteurs de projets n’arrivent pas au bout de leurs idées car les contraintes de création d’entreprise sont trop fortes.

L’espace de coworking apporte des réponses et des solutions à chacun de ces cas. Mais qui apporte des solutions aux espaces de coworking ? Pour faire simple, il y a deux voies pour créer un espace de coworking. La voie privée et la voie publique.

La voie publique

Elle passe nécessairement par une institution. Une mairie, un conseil générale etc.. Elle consiste souvent en la rédaction d’un projet et en sa soumission aux dites institutions. Ou en la réponse à un appel d’offre pour la gestion d’un espace en cours de création parce que c’est la mode et que la ville, elle, en a un.

Cette voie là peut vite devenir complexe car que vous répondiez a un appel d’offre ou que vous proposiez votre propre projet, l’institution aura toujours un droit de regard absolu sur tout ce que vous faites. Elle pourrait même du coup y faire de l’ingérence. Vous empêchant d’organiser tel événement avec tel sponsor, ou à l’inverse vous obligeant d’organiser tel événement avec tel sponsor. Ça marche aussi avec les membres.

Bien entendu je ne peux certifier qu’il n’y ait pas d’institutions très sympas qui vous laissent carte blanche. Si c’est le cas tant mieux pour vous.

La voie privée

Celle-ci passe par des sponsors et généralement des grosses entreprises nationales ayant des budgets de communication plus important. L’idée pour l’entreprise est d’y gagner quelques chose, en général de la visibilité. En revanche, une fois votre contrat de sponsoring établi ;  l’entreprise pourra faire ceci ou cela une ou deux fois par an etc.. Votre relation s’arrête ici et ensuite c’est à vous de jouer. Pas d’ingérence, vous êtes libre.

C’est un peu la voie royale mais aussi la plus complexe à mettre en place quand on part de zéro.

Mais du coup quel statut pour un espace de coworking ? Si le statut d’indépendant est plus attractif que celui de SARL et que grâce aux espaces de coworking les freelances bénéficient d’avantages importants, qu’en est-il pour ces espaces justement ?

Et bien je suis désolé de vous le dire mais il n’y a pas de « nouveau » type de statut pour de telles entreprises.

Donc que fait-on ?

Si on créé une SARL par exemple, on est alors une entreprise soumise aux mêmes contraintes  que celles que certains coworkers fuient. On doit payer de lourds impôts; entreprise comme employé. TVA, Ursaff, Impôt sur les revenus etc.. On se doit être rentable! Qui dit rentabilité, dit optimisation du temps, de l’espace, des abonnements et donc, des coworkers. Il faut que ça tourne. Quelle ironie vous ne trouvez pas ? Subir ce que tentent de fuir les coworkers pour leur permettre de ne plus le subir..

Plus de la moitié (61%) des espaces de coworking perd de l’argent.. 74% des opérateurs ont un job à coté.. Tandis que 64% d’entre eux, lancent leur espace avec leurs propres fonds.. et 40% doivent fermer la 1er année..

Le tableau du côté de l’opérateur est bien triste alors que celui du côté de l’utilisateur est génial ;-p.

Oui une solution existe !

Ne désespérez pas ^^. Si vous êtes encore là c’est que, comme moi, vous avez de l’espoir. Comme on l’a vu plus haut, si on ouvre son espace comme une entreprise, on va agir comme une entreprise et ce n’est pas la voie du jedi!

Heureusement notre beau pays ne fait pas que nous prendre nos sous sans jamais rien nous rendre en retour. En France, nous avons une merveilleuse loi; la loi 1901. Cette loi nous permet de créer des entités légales que l’on nomme « Association ». C’est un statut formidable et pour moi le seul viable pour un espace de coworking « accessible » et « durable ».

Créer une association coûte 35 euros de frais de parution au journal officiel et c’est tout. Il vous faut au minimum deux personnes pour vous lancer. Président, trésorier et secrétaire, l’une des deux personnes pouvant prendre deux casquette.

L’association vous donne le droit d’ouvrir un compte en banque, d’accepter des paiements et de payer des gens. Et cela à une seule condition, celle de ne pas faire de profit! Et c’est bien là que l’on voit la différence entre les opérateurs voulant monter des espaces accessibles au meilleur prix pour tous et ceux qui veulent surfer sur la vague et gagner beaucoup d’argent..

Si vous respectez cette simple règle (pas de profit) vous ne payez aucun impôt!! Oui, oui vous avez bien lu. En fait les seuls impôts que vous serez amené à payer sont la taxe d’habitation et l’ursaff si vous employez quelqu’un.

Tout l’agent que vous gagnez doit être utilisé pour et par l’association.

Avec ce modèle vous pouvez donc vous permettre de pratiquer des prix plus bas qu’une entreprise!

Seul petit bémol, parce qu’il faut toujours un « mais »quelque part. Tout opérateur d’espace de coworking que vous êtes; vous ne travaillez pas gratuitement ^^. L’idée au-delà de rendre service aux autres c’est aussi de vivre non ? Le soucis c’est que si vous prenez part à la constitution de l’association en tant que membre du bureau (président, secrétaire ou trésorier), vous perdrez le droit de vous employer vous même.

L’astuce est donc de faire porter la présidence par quelqu’un d’autre, de préférence quelqu’un de « grande » confiance et de se faire employer par l’association quand elle commence à gagner de l’argent.

Autre petite mise en garde: tout ce qu’achète l’association appartient à l’association. Si jamais vous décider de fermer boutique vous devrez respecter une partie de la lois 1901 qui vous oblige à faire donation de tout le matériel acheté par l’association à une autre association du même type ^^.

Pour conclure

Comme on vient de le voir, les espaces de coworking ne sont et ne peuvent pas être des entreprises comme les autres. Et ce, de par le simple fait de leur fonction première. Le statut associatif répond au manque d’un statut juridique applicable à un espace de coworking. Mais il n’y répond qu’en partie car vous ne pouvez pas être le chef à bord, facturer de TVA, ou récupérer votre mise de départ si vous vous plantez etc.. Le statut idéal serait celui d’une SARL sans les impôts qui vont avec ^^. Mais là, c’est une autre histoire.

lesly

lesly

http://leslyg.com

Location independant UI & UX designer, Vegetarian, Humanitarian at Omakua NGO, BJJ Blue Belt, photographer, traveler, climber & surfer.

Comments
  • user

    AUTHOR danilo zelinski

    Posted on 22 h 44 min 3 novembre 2016.
    Répondre

    Bonjour, post très intéressant.
    Avez-vous envisagé de faire un espace de coworking en auto-entrepreneur (pas de TVA par exemple)?
    Si oui, savais vous quel statut faut avoir? prestation de service?
    Je vois qu’il y a aussi un statut Prestation d’hebergement? Le coworking serait-il assimilable à celà?

    merci de vos conseils 🙂

    • user

      AUTHOR lesly

      Posted on 3 h 51 min 4 novembre 2016.
      Répondre

      Bonjour Danilo, non je n’ai pas envisagé de me lancer en auto entrepreneur pour différentes raisons:

      1. Beaucoup trop de paperasses (Il faut s’immatriculés au registre du commerce et des sociétés etc.)
      2. L’auto entrepreneur est sous le régime fiscal de la micro-entreprise (c’est-à-dire réaliser un chiffre d’affaires qui ne doit pas dépasser pour une année civile complète et limite les bénéfices à 32K euros).
      3. Prestation d’hébergement n’entre pas dans le cadre d’un coworking space car l’espace est considéré comme meublé.
      4. Il faut payer des cotisations et contributions sociales, l’impôt sur le revenu, la taxe pour frais de chambre de commerce et de chambre de métiers etc.

      En tant qu’association je suis aussi exonéré de TVA, je ne paye pas d’impôts et je n’ai pas de cotisations. De plus, je trouve que le côté association donne plus de liberté de gestion et permet d’impliquer les membres les plus motivés dans la vie de l’espace.

  • View Comments (2) ...
    Navigation